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Qu’est-ce qu’une ferme urbaine ?

Qu’est-ce qu’une ferme urbaine ?


Hello hello,

Cette semaine, nous avons eu le plaisir d’interviewer la jeune Mathilde, qui a travaillé pendant plusieurs mois au sein d’une ferme urbaine, en plein de cœur de la ville de Versailles. Et pour les lecteurs assidus de la newsletter de Jeannette, elle a accepté de répondre à nos questions.

La Cuisine de Jeannette : Pour commencer, c’est quoi au juste, une ferme urbaine ?
Mathilde : Une ferme urbaine, c’est un lieu de production agricole au cœur de la ville pour produire des fruits et légumes de saison, des aromates… Les tailles sont hyper variables : celle de Versailles fait 3000m2 ce qui est plutôt petit, et peut facilement monter à 10 000m2. Ça se développe de plus en plus en France, de nombreuses communes souhaitent le mettre en place. C’est très en vogue en ce moment mais il n’y en a pas encore énormément.

LCDJ : Vous y cultivez quoi exactement ?
Mathilde : Une quarantaine de légumes, des arbres fruitiers et des aromates. Que des légumes de saison bien sûr ! Et pour préserver la biodiversité, on cultive plusieurs variétés de chaque légume. Pour les tomates par exemple, on a pas moins d’une dizaine de variétés différentes ! La production est vendue sous forme de paniers légumes dont le contenu est fixé par nous, le tout en vente directe à la ferme une fois par semaine. C’est un chouette moment de rencontre et d’échange.

LCDJ : Comment on cultive dans une ferme urbaine ?
Mathilde : Y’a plein de façon de cultiver, et le développement de certaines technologies permettant de produire hors sol élargissent encore le champ des possibles. La première entreprise à avoir utilisé ce modèle, c’est Agricool, qui produit des fraises dans des containers.
En hydroponie : de l’eau très riche en minéraux circule entre toutes les plantes, et comme l’eau est très riche en minéraux, pas besoin pour les plantes d’être dans la terre ;
En aquaponie : les poissons enrichissent l’eau, et cette eau passe dans les plantes ;
Plein-champ : dans la terre tout simplement.

LCDJ : Qu’est-ce qu’une telle initiative apporte à une ville ?
Mathilde : L’agriculture urbaine a de nombreux avantages, et notamment de reconnecter la production des aliments à sa consommation. Dans un supermarché, tout paraît facile et accessible, alors que lorsque les clients viennent dans la ferme, ils voient tout le travail qu’il y a derrière. Ils voient par exemple à quoi ressemble un pied de tomates, et tous les efforts que ça demande pour en produire.

LCDJ : Le projet est sympa et ça donne envie, mais est-ce que sur un plan économique c’est rentable à long terme ?
Mathilde : La viabilité des fermes urbaines est en effet une question très importante. Le premier souci, c’est que ça prend du temps à se mettre en place. Et deuxièmement, la vente de la production ne rapporte pas beaucoup, surtout en hiver où on produit beaucoup moins. C’est pourquoi il est important, voire nécessaire, d’avoir plusieurs activités. Par exemple à la ferme de Versailles, on propose des formations à la permaculture et à l’agriculture urbaine, on accueille des séminaires, on fait des ateliers pour les enfants… au final, la vente de produits représente environ 10% de notre chiffre d’affaires !

LCDJ : De combien de personnes y a-t-il besoin pour faire tenir un projet comme ça ? 
Mathilde : Sur notre ferme de 3000m2, on s’en sort à trois. Il faut une personne en charge du suivi des cultures, qui organise le travail du reste de l’équipe, et une autre en charge des activités annexes. Nous on produisait selon les principes de la permaculture. Il s’agit de reproduire le fonctionnement des écosystèmes naturels. Par exemple, dans la nature, jamais on va trouver un endroit où il n’y a qu’une seule espèce. En permaculture, on va faire des associations de culture, n’utiliser aucun produit chimique, tout est fait à la main. Les cultures sont étagées, l’utilisation de l’énergie solaire est optimisée. Tout fonctionne en boucle : on est autonome en eau grâce à de grands bassins de récupération d’eau

LCDJ : Et toi personnellement, qu’est-ce que tu en retires de ton expérience dans cette ferme ?Mathilde : Je suis en école d’agronomie, et j’avais suivi des cours sur l’agriculture urbaine qui m’avaient intrigué, c’est pourquoi j’ai voulu voir un projet d’agriculture urbaine de l’intérieur. Ce que j’en tire, c’est que pour monter un projet d’agriculture urbaine, il faut s’accrocher. Tout le monde en tire des bénéfices mais ça demande un gros investissement financier et mental, il faut toujours être à fond, tu ne peux pas faire un demi-projet d’agriculture urbaine. Comme dit souvent mon maitre de stage, “Tout le monde connaît le prix des choses mais personne n’en connaît la valeur”.

POUR ALLER PLUS LOIN
– N’hésitez pas à aller voir autour de vous ce qui se fait, dans votre ville ou à proximité !
– Faire ses courses en vrac (application BULK, La Consignerie)
– Trouver l’AMAP la plus proche de chez vous (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne)

Belle semaine !

Alice

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