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La Société du toujours plus

La société du toujours plus

Aujourd’hui je vous partage un texte que j’ai écrit pendant le premier confinement.
Un dimanche, j’ai pris le temps de me demander : pourquoi j’ai viscéralement eu besoin de partir à plus de 7000 kilomètres de chez moi pour faire du volontariat ?
Je ne sais pas si j’ai vraiment trouver la réponse, mais voici mon interprétation.

Pourquoi avons-nous, les “jeunes”, avons nous besoin de partir ?

Je constate que beaucoup d’entre nous ressentons à un moment donné le besoin de partir pour faire quelque chose qui ait du sens. Comme si notre vie « ordinaire » ne nous satisfaisait pas vraiment. Comme si nous avions peur de nous engager dans la vie active sans avoir vécu pleinement. Comme si nos études ne nous permettaient pas de nous sentir complètement épanouis. Je ne sais pas vraiment ce qui anime chacun à vouloir partir, mais je vais vous parler de ce qui m’a animé moi et ce que j’ai pu en conclure.En tous cas, c’est le sentiment que j’avais lorsque j’ai décidé de prendre un an de pause. Mon objectif était de prendre du temps : pour les autres et pour moi. Sans vraiment comprendre pourquoi, j’avais conscience que quelque chose clochait dans mon mode de vie : je courrais partout, pour faire les cours, pour mes associations d’école, pour faire du sport, pour voir mes amis, pour allez en soirée, pour profiter de ma famille… Ma vie était riche, intense, remplie, prometteuse… Mais sans que je ne sache vraiment pourquoi, sans vraiment m’en rendre compte complètement, la joie qui m’animait depuis que j’étais enfant avait petit à petit disparue. Pourtant, je vivais pour moi, je faisais un tas d’activités que j’adorais, j’étais très bien entourée, je rencontrais des gens plus intéressants les uns que les autres. Mais quelque chose clochait…Déjà à l’époque, lorsque je préparais mon voyage, j’avais déjà le sentiment que j’avais été surprotégée. Alors je ne veux surtout pas me plaindre et même si j’ai beaucoup de gratitude pour l’enfance que j’ai vécue, je sentais au fond qu’il y’avait comme un manque. Un vide que les distractions que je m’offrais ne pouvaient combler. C’est étrange quand même, comment peut on en arriver au point de tout avoir et de ne pas être pleinement satisfait ? Surtout que je suis de nature plutôt optimiste…

Je reçois beaucoup de messages de personnes qui comme moi souhaitent « partir faire de l’humanitaire », s’engager. Est-ce juste un phénomène à la mode ? Est-ce que nous avons besoin de nous prouver à nous même et aux autres que nous sommes capables de partir seuls à l’aventure ? De quitter notre confort ? Est ce que nous avons envie de partir pour flatter notre égo ? Est ce que l’on veut vivre une expérience de plus ? Barrer une ligne sur notre immense liste « des choses à faire dans notre vie » ? Alors oui, nous sommes tous différents et les motivations sont diverses. Mais au fond je pense que cette envie de partir est plutôt la conséquence d’un mal-être qui nous habite, que nous avons du mal à ressentir car nous l’anesthésions par un tas d’artifices. Ce mal-être n’est pas insupportable, il n’est pas douloureux, il est même discret. Mais il nous empêche de vivre et d’être nous même. Ce mal-être c’est ce que j’appelerai le « syndrome du toujours plus ». Toujours plus d’amis, toujours plus d’expériences, toujours plus d’expo à voir, toujours plus de livres à lire, de filmes à voir. C’est la quantité au détriment de la qualité. C’est la superficialité au détriment de l’authenticité. C’est le Faire au détriment de l’être. C’est la rentabilité au détriment de la solidarité.Je pense d’ailleurs que ce mal être atteint son paroxysme chez beaucoup de nos parents, qui à la cinquantaine font un burn-out. C’est pourquoi, plus ou moins conscients du « danger » que nous courrons, nous sentons le besoin de prendre du recul. Alors nous partons à l’aventure. À la découverte de la vie.

Nous sommes un minorité à avoir cette chance. J’en ai conscience. C’est pour cela que j’ai décidé d’écrire pour contribuer à passer le message : nous ne sommes pas obligé de survivre. Nous ne sommes pas obligé de laisser ce mal-être kidnapper notre joie. Nous avons qu’une vie : vivons-la ! Le burn out n’est pas une fatalité. Un autre mode de vie est possible : plus simple, plus authentique, plus joyeux. Arrêtons de subir ce tourbillon de la vie qui nous coupe de tout.

Mais comment ?Bonne question… Pour être honnête je n’ai pas la solution miracle. Partir n’est pas l’unique solution. Le déclic, cette prise de conscience tout le monde peut l’avoir. J’en suis convaincue. Prenez le temps, reconnectez-vous à la nature, soyez acteurs (et non vous n’êtes pas que des consommateurs), laissez la place au vide dans votre vie, ennuyez-vous, n’ayez pas peur de la gratuité, n’ayez pas peur de donner. Mettez fin à la dictature de la rentabilité qui conditionne beaucoup de nos vies.

Je chemine toujours, je suis humaine je suis loin d’être parfaite et c’est ok. Mais ma vie a retrouvé les couleurs de mon enfance grâce à cette prise de conscience. Alors parfois, le tourbillon de la vie me déstabilise. Mais la joie profonde est toujours là. Je reste libre. Et je resterai libre. Cette liberté, plus personne ne pourra la voler. Est-ce que vous aussi vous pensez que nous pouvons mettre fin à ce syndrome du toujours plus ? Ca m’intéresse d’avoir votre avis sur le sujet !

Voilà voilà, c’est tout pour aujourd’hui !

Prenez soin de vous ! ❤️

Ombeline

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